La peinture de Barrientos est figurative et narrative : il crée des univers oniriques et chaotiques, peuplés de figures humaines et animales où l’histoire personnelle croise irrémédiablement celle du monde andin. Cette œuvre qui débute dans les années 80 est à rapprocher du courant néo-expressionniste de la même époque qui se développe notamment en Italie avec la Transavangarde (Chia, Cucchi, Paladino…) et en Allemagne avec la nouvelle peinture allemande (Polke, Kiefer, Baselitz, Lüpertz). Ce mouvement qui s’inscrit dans l’héritage direct de Van Gogh et de Picasso, a été interprété alors comme une réaction contre l’art conceptuel. Rien n’est moins sûr, ce qui le définit avant tout c’est une revalorisation du territoire individuel de l’artiste et une réappropriation de mythes collectifs par le médium de la peinture.

Outre ses affinités certaines avec ces artistes européens, les références de Barrientos sont avant tout « continentales », il aime citer Huaman Poma de Ayala, premier chroniqueur péruvien du XVIe siècle qui à travers des illustrations et des récits relate la conquête espagnole et la chute de l’empire inca et les ex-voto de la mexicaine Frida Kalho.

 

(extrait de texte d'Emmanuelle Hamon 2007)